Reflexions

Mercredi 21 mai 2008
Par Guy Bonello
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Mercredi 9 avril 2008

 

 

Le mot de Guy

Agronome retraité

Mission en juin en pays Bezanozano.


Agronome spécialisé en cultures tropicales, 40 ans à bourlinguer au magrehb dans le sahel, les savanes, les déserts et les forêts de cette immense Afrique, il me paraissait impossible de ne pas m’imprégner de l’île rouge. Dés ma retraite me voila en mission pour une ONG à Mada. Je ferais huit missions avant de changer de région et de m’impliquer en pays Bezanozano pour Humanité Madagascar. Ce sont Marie-Claude et Jany qui m’ont fait connaître Francis, Robert et Bernard.

A leur demande j’ai porté mon expertise sur cette région que je ne connaissais pas. Ramil cheville ouvrière, archéologue malgache en retraite,  intarissable sur les origines ancestrales de son peuple m’a fait découvrir le pays Bezanozano. Nous quittons la route goudronnée entre Manjak et Moramanga pour une piste vers le Nord, direction Felana et le Mangoro.

Immense forêt de pins et d’eucalyptus, plantée voici plus de 30 ans où les tanety pâturées par de gigantesques troupeaux de Zébus,  ont laissé la place à cette industrie forestière florissante.

Le Mangoro fleuve paisible aux nombreux affluents va se jeter à proximité Mahanoro sur la côte Est.

L’agriculture est la principale activité de cette région. Comme partout à  Madagascar la riziculture est reine. Depuis des décennies les paysans ont planés les bas-fonds. Par la capture de petits ruisseaux, l’eau guidée dans des canaux creusés à la main, est amenée jusqu’aux rizières à deux ou trois kilomètres en aval. Bien que le Mangoro  soit un fleuve quasi permanent sa position plus basse que les rizières, situées sur les terrasses, ne permet pas d’utiliser cette eau pour l’irrigation. L’usage de systèmes de pompage  n’est pas à l’ordre du jour.


Le labour à la culture attelée, allége le dur labeur de certains, mais pour les  paysans les plus pauvres le travail de la terre se fait encore à l’angandy, sorte de bêche à long manche. Une grande partie de ces travaux champêtres incombe aux femmes, et en grande période de culture l’aide des  enfants est requise.

Les propriétaires terriens ont de grands troupeaux de zébus, signe de position sociale. Ces nantis sont les utilisateurs de la main d’œuvre agricole qui vient de loin en pleine saison de travaux.   Seulement 10% des cultivateurs à Madagascar sont propriétaires de leurs terres, alors que 90% du pays dépend de l’agriculture.

Nos efforts devront porter sur les améliorations culturales et l’introduction de nouvelles variétés rizicoles ce qui permettrait de tripler voir de quadrupler les rendements sans engager de dépenses supplémentaires.

La mécanisation, l’arboriculture, les plantes d’huile essentielle, le  biocarburant comme le Jatropha, l’apiculture, la pisciculture, les cultures maraîchères, l’élevage rationné des bovins pour le lait et la viande, l’élevage avicole, les cultures de rente, (café, arachide, pois de terre, ananas, banane, haricots secs) doivent être pratiqués avec  les techniques modernes  afin de dégager des revenus substantiels, aidés en cela par le microcrédit.

Pour ces enfants malnutris rêvons à une ferme de spiruline, l’algue aux vitamines.

Nous sommes tous conscients  que des efforts particuliers sont à porter sur l’éducation, l’eau potable et la santé.


Réfléchir sur l’énergie électrique et sur un encadrement agricole par ferme modèle qui permettraient  à ces villages  de décoller !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Guy Bonello
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Lundi 17 mars 2008

Réflexions  DE VOYAGE
 
De nouveau en route vers la Grande île et la nostalgie s’empare de moi.
Me voilà intervenant pour une ONG.
Organisme Non Gouvernemental.
Il fallait bien la trouver cette appellation pour faire oublier les organismes gouvernementaux !
Ces gouvernements qui veulent après la contrainte, faire passer le progrès envers et contre tous.
40 ans ont passé, il y a un mois j'allais retrouver l’Afrique de mes entrailles.
J'ai remonté le temps ou le temps ne s'est pas écoulé ?
 
Ils m’interrogent. A qui profite le progrès ?
A Mac'Do, à Coca-Cola, à Toyota, à Carrefour, aux armuriers, à la bourse de Wall Street !
Pas
à la mienne de bourse.
Moba, dogon, haoussa, dioula, Sakalave, houva, béninois, ivoiriens avec nos daba, nos houes, nos angandy
outil unique à tout faire, labourer, sarcler, creuser, enterrer.
 
Où est mon intérêt?
 
Et mon dos que dit-il ?
Il me dit que ce n'est pas une colonne vertébrale de blanc.
 De père en fils et filles, il s’est forgé à fabriquer des haubans, courbé sur le coton, sur le riz, sous les colons et les gouvernements de mon pays, il n'a pas vu la différence, il fallait bien qu'il soit solide pour me faire manger.
Je n'ai que deux bras et ma marmaille qui puisse m'aider,
que je dois avoir nombreuse si je veux manger à ma faim à la fin de mes jours.
La retraite est une invention de blanc.
Le progrès est-il d'avoir goûté au coca, et aux hamburgers ?
La source coca ne se tarie jamais, alors que celle de mon puits s'épuise et est malsaine.
Il me faut des syllis, des dinars, des francs CFA, des ariary, des euros, des dollars
Voici mon café, mon cacao, mon coton, mes bananes, mes letchis, fini mon riz, mon manioc, mon sorgho.
Et toujours que deux bras et ma marmaille !
Des semences qu'il faut acheter à Monsanto, le tueur de la biodiversité.
Des engrais qu'il faut payer aux pétroliers texans et à AZF, pour cultiver les terres d'autrui.
Où est mon avenir, où est mon progrès, où est mon épargne ?
Mon riz et mon sorgho remplacés par le blé, difficile à cultiver sous nos latitudes, que nos amis américains, russes et européens produisent à profusion avec si peu de bras et de belles subventions
Où est mon intérêt ?
Mes enfants à l'école. Pourquoi faire?
Ont-ils une chance de pratiquer le français ou l'anglais dans la brousse en gardant les zébus.
C'est l'usage qui fait l'intérêt.
La culture est un met de luxe qu'elle soit pour l'esprit ou pour le ventre.
Toi le blanc tu dis vouloir mon bien.
Mais ton bien est-il le mien ? Autosuffisance alimentaire, je l'avais avant que tu ne me fasses produire ce dont je n'avais pas besoin et que tu ne mettes de mauvaises idées dans la tête de mes enfants et qu’ils veulent aller à
Tana, Abidjan, Douala, Paris, New York ; illusions d’une vie de fausses promesses.

 

Nuit du 29 au 30 novembre 2004 au dessus de l'Afrique. G.Bonello. copyright 2004.

Par Bonello
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