Le mot de Guy
Agronome retraité
Mission en juin en pays Bezanozano.
Agronome spécialisé en cultures tropicales, 40 ans à bourlinguer au magrehb dans le sahel, les savanes, les déserts et les forêts de cette immense Afrique, il me paraissait impossible de ne pas m’imprégner de l’île rouge. Dés ma retraite me voila en mission pour une ONG à Mada. Je ferais huit missions avant de changer de région et de m’impliquer en pays Bezanozano pour Humanité Madagascar. Ce sont Marie-Claude et Jany qui m’ont fait connaître Francis, Robert et Bernard.
A leur demande j’ai porté mon expertise sur cette région que je ne connaissais pas. Ramil cheville ouvrière, archéologue malgache en retraite, intarissable sur les origines ancestrales de son peuple m’a fait découvrir le pays Bezanozano. Nous quittons la route goudronnée entre Manjak et Moramanga pour une piste vers le Nord, direction Felana et le Mangoro.
Immense forêt de pins et d’eucalyptus, plantée voici plus de 30 ans où les tanety pâturées par de gigantesques troupeaux de Zébus, ont laissé la place à cette industrie forestière florissante.
Le Mangoro fleuve paisible aux nombreux affluents va se jeter à proximité Mahanoro sur la côte Est.
L’agriculture est la principale activité de cette région. Comme partout à Madagascar la riziculture est reine. Depuis des décennies les paysans ont planés les bas-fonds. Par la capture de petits ruisseaux, l’eau guidée dans des canaux creusés à la main, est amenée jusqu’aux rizières à deux ou trois kilomètres en aval. Bien que le Mangoro soit un fleuve quasi permanent sa position plus basse que les rizières, situées sur les terrasses, ne permet pas d’utiliser cette eau pour l’irrigation. L’usage de systèmes de pompage n’est pas à l’ordre du jour.
Le labour à la culture attelée, allége le dur labeur de certains, mais pour les paysans les plus pauvres le travail de la terre se fait encore à l’angandy, sorte de bêche à long manche. Une grande partie de ces travaux champêtres incombe aux femmes, et en grande période de culture l’aide des enfants est requise.
Les propriétaires terriens ont de grands troupeaux de zébus, signe de position sociale. Ces nantis sont les utilisateurs de la main d’œuvre agricole qui vient de loin en pleine saison de travaux. Seulement 10% des cultivateurs à Madagascar sont propriétaires de leurs terres, alors que 90% du pays dépend de l’agriculture.
Nos efforts devront porter sur les améliorations culturales et l’introduction de nouvelles variétés rizicoles ce qui permettrait de tripler voir de quadrupler les rendements sans engager de dépenses supplémentaires.
La mécanisation, l’arboriculture, les plantes d’huile essentielle, le biocarburant comme le Jatropha, l’apiculture, la pisciculture, les cultures maraîchères, l’élevage rationné des bovins pour le lait et la viande, l’élevage avicole, les cultures de rente, (café, arachide, pois de terre, ananas, banane, haricots secs) doivent être pratiqués avec les techniques modernes afin de dégager des revenus substantiels, aidés en cela par le microcrédit.
Pour ces enfants malnutris rêvons à une ferme de spiruline, l’algue aux vitamines.
Nous sommes tous conscients que des efforts particuliers sont à porter sur l’éducation, l’eau potable et la santé.
Réfléchir sur l’énergie électrique et sur un encadrement agricole par ferme modèle qui permettraient à ces villages de décoller !!!
Nuit du 29 au 30 novembre 2004 au dessus de l'Afrique. G.Bonello. copyright 2004.
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